Voilà une question intrigante que pose l’ARC NATIONALE. En effet, alors que les pouvoirs publics estiment que ce sont les copropriétaires en difficulté qui entraînent la copropriété dans la difficulté, l’ARC NATIONALE affirme le contraire.
Autrement dit, c’est bien la copropriété en difficulté qui entraîne les copropriétaires dans la difficulté.
La meilleure preuve en est qu’une des plus belles copropriétés, construite dans les années 70 et autrefois réservée aux cadres supérieurs, est aujourd’hui devenue le symbole même de la copropriété en difficulté. Et pourtant, dans cette copropriété, les copropriétaires étaient tous solvables !
Alors, que s’est-il passé ? Tout simplement, une absence de gestion courante et prévisionnelle de la copropriété.
C’est un sujet qui mérite une analyse beaucoup plus approfondie. Néanmoins, cela doit inciter à une vigilance accrue de la part des potentiels acquéreurs avant d’intégrer une copropriété.
I. Une analyse des charges de travaux
Les annonces immobilières indiquent généralement le prix d’acquisition du bien, l’étiquette énergétique ainsi que l’estimation des provisions pour charges courantes.
Cependant, rien n’est précisé concernant la participation aux charges de travaux d’entretien et de rénovation. Or, les copropriétaires devront tôt ou tard financer ces travaux, qui peuvent représenter, sur un seul exercice, jusqu’à vingt années de provisions pour charges courantes.
Afin d’éviter que le copropriétaire ne se retrouve en difficulté, il est essentiel de vérifier quels sont les travaux à réaliser au cours des dix prochaines années, et, le cas échéant, la quote-part que cela représente.
L’un des documents pouvant fournir ce type d’information est le projet de plan pluriannuel de travaux, établi par un bureau d’études.
Si un copropriétaire n’est pas en capacité de payer sa quote-part, il est préférable de ne pas acheter ou du moins pas dans cette copropriété.
II. Une copropriété à l’abandon
L’autre point à prendre en considération est l’absence de travaux d’entretien au sein de la copropriété. Cet élément est d’autant plus important si l’immeuble est ancien.
Et pour cause : la copropriété devra, tôt ou tard, effectuer les travaux nécessaires, parfois dans les mois qui suivent l’achat du lot, provoquant des appels de fonds très importants.
Le potentiel acquéreur doit donc vérifier quand a eu lieu le dernier ravalement ; en cas de chauffage collectif, si la chaudière et ses composants ont été rénovés ; si l’ascenseur est entretenu et conforme aux normes en vigueur.
Adopter la politique de l’autruche serait une grave erreur, car le copropriétaire risque très vite d’être dépassé, avec à la clé des lettres de mise en demeure et de relance, facturées à des tarifs abusifs, préludes à des procédures judiciaires pouvant aller jusqu’à la saisie du bien.
Voilà pourquoi il vaut mieux prévenir que guérir.
Vous ne pourrez pas dire que l’ARC NATIONALE ne vous aura pas prévenu.