"Après moi le déluge", un dicton qui ne doit pas concerner les copropriétés
Les copropriétés doivent actuellement faire face à un phénomène pourtant prévisible qui est celui du financement des travaux d’entretien et de rénovation qui font suite au vieillissement du bâti et des équipements collectifs.
La difficulté est que ces frais sont supportés uniquement par les copropriétaires votant les travaux en assemblée générale.
Cette situation incite certains à ajourner le vote des travaux et à attendre la dernière minute. Dernière minute qui se matérialise sous la forme soit d’une obligation technique soit d’une situation critique : l’immeuble est « frappé d’un arrêté de péril ».
Cela est dû à une mauvaise approche de la loi qui considère les travaux d’entretien et de rénovation comme une option. De ce fait la loi n’oblige pas les copropriétaires à épargner chaque année l’amortissement du bâti et des équipements collectifs permettant ainsi d’être en mesure de les financer le moment venu.
Voyons cela de plus près.
I- Une absence d’obligation d’amortissement
La loi du 10 juillet 1965 oblige les copropriétaires à financer chaque année un budget prévisionnel qui permet de faire face aux dépenses courantes.
Ainsi, avant même d’acquérir un lot, le futur acquéreur a connaissance des charges courantes moyennes annuelles. IL peut ainsi apprécier s’il dispose des capacités financières suffisantes pour être copropriétaire au sein de cet immeuble.
En revanche, le futur acquéreur n’a aucune donnée fiable sur le coût des entretiens qu’il devra financer ni à court ni à moyen terme en matière de travaux.
Pire, aucun financement d’investissement n’est prévu faisant supporter aux seuls copropriétaires qui votent les travaux, l’intégralité de l’amortissement des équipements collectifs ou du bâti.
Certes, il y a le fonds travaux mais il reste extrêmement marginal au vu des réels coûts que cela représente.
Voilà pourquoi une grande partie des copropriétés est à présent en difficulté pour financer leur entretien et leur rénovation y compris énergétique.
II – Une situation qui ne risque pas de s’arranger
L’article 14-2-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose de constituer un fonds travaux mais uniquement pour les copropriétés construites depuis plus de dix ans.
Il s’agit là d’une erreur d’analyse. Au contraire, le fonds travaux doit être constitué quand la copropriété est neuve donnant ainsi la possibilité d’amortir le coût sur une période plus longue et ainsi réduire les dotations annuelles réclamées auprès des copropriétaires.
Et pour cause il est toujours plus facile de financer des travaux sur dix ans plutôt que de devoir les financer en une seule fois au cours de l’année où se votent les travaux.
Ainsi, il est clair que ces copropriétés neuves, dans dix ou quinze ans, se retrouveront avec les mêmes difficultés que les copropriétés anciennes d’aujourd’hui à savoir comment financer l’amortissement de leur bâti et des équipements collectifs sur une année.
Voilà pourquoi le conseil syndical et les copropriétaires ne doivent pas tomber dans la démagogie qui consiste à considérer qu’après moi, « le déluge ».





