Le recouvrement simplifié des petites créances par le Commissaire de Justice
Depuis la Loi du 06 août 2015, et le Décret d’application du 26 septembre 2019, le Commissaire de justice, dans le ressort de la Cour d’appel dans laquelle le débiteur a sa résidence, peut recouvrer les créances inférieures ou égales à 5.000,00 Euros, notamment au titre des charges de copropriété.
Cette procédure est visée aux articles L125-1 et R125-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution.
Cela signifie que le Commissaire de Justice saisi n’est pas nécessairement dans le ressort du lieu de situation de l’immeuble, notamment pour les copropriétaires de résidence secondaire.
Cette procédure est rapide et peu coûteuse, mais elle nécessite l'accord du débiteur, ce qui la limite aux seuls débiteurs de bonne foi.
1/ Déroulé de la procédure
Cette procédure se déroule dans un délai d'un mois à compter de l'envoi par le Commissaire de Justice d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou d’un message transmis par voie électronique invitant le débiteur à participer à cette procédure.
Outre le rappel des textes légaux en la matière, la lettre recommandée ou le message électronique envoyé(e) par le Commissaire de Justice doit reprendre les informations suivantes :
1° Le nom et l'adresse de l'huissier de justice mandaté pour mener la procédure ;
2° Le nom ou la dénomination sociale du créancier, son adresse ou son siège social ;
3° Le fondement et le montant de la somme due en principal et intérêts, en distinguant les différents éléments de la dette.
La lettre ou le message indique également que :
1° Son destinataire peut accepter ou refuser de participer à la procédure simplifiée de recouvrement ;
2° Si son destinataire accepte de participer à la procédure, il lui appartient de manifester son accord dans un délai d'un mois à compter de l'envoi de la lettre ou du message, soit par l'envoi d'un formulaire d'acceptation par courrier postal ou par voie électronique, soit par émargement de la lettre effectué le cas échéant par toute personne spécialement mandatée ;
3° Si son destinataire refuse de participer à la procédure, il peut manifester ce refus par la remise ou l'envoi d'un formulaire de refus ou par tout autre moyen ;
4° L'absence de réponse dans le délai d'un mois vaut refus implicite ;
5° En cas de refus exprès ou implicite, le créancier pourra saisir le juge afin d'obtenir un titre exécutoire.
Un modèle de courrier et de formulaire a été établi dans le corps de l’arrêté du 24 décembre 2019.
2/ Conséquence de l’acceptation par les parties
L'accord du débiteur, constaté par le Commissaire de Justice, suspend la prescription de 5 ans pour ce qui concerne les charges impayées ainsi que les paiements (pour les arriérés de charges concernés), jusqu’à l’issue de la procédure.
Le copropriétaire débiteur doit continuer de payer ses charges courantes.
Le Commissaire de Justice qui a reçu l'accord du Syndicat des copropriétaire, représenté par son Syndic, et du copropriétaire débiteur sur le montant et les modalités du paiement délivre, sans autre formalité, un titre exécutoire.
Cela signifie qu’il n’est pas nécessaire de solliciter un jugement pour obtenir l’exécution forcée de l’accord signé.
En revanche, en cas de difficulté d’exécution, un autre Commissaire de Justice devra être saisi afin d’éviter une situation de conflit d’intérêt.
3/ Prise en charge des frais de la procédure
Les frais de toute nature qu'occasionne cette procédure sont à la charge exclusive du créancier ; il s’agit d’une exception à l’Article 10 -1 de la Loi 10 juillet 1965.
Les frais de cette procédure sont assumés intégralement par le Syndicat des copropriétaires.
Il convient de se rapprocher du Commissaire de Justice pour connaître la tarification de cette procédure.
Les frais de Commissaire de Justice sont réglementés pour partie.
Un devis précis doit être communiqué avant l’engagement de la procédure.
4/ Conséquence du refus par l’une ou l’autre des parties
En cas de contestation par le débiteur sur le principe ou sur le montant des sommes sollicitées, le Syndicat des copropriétaires devra engager une procédure judiciaire (saisine du Tribunal ou requête aux fins d’injonction de payer).
Il en est de même si le Syndicat des copropriétaires, représenté par son Syndic, refuse les modalités de remboursement proposées par le copropriétaire débiteur.

